La nature est infinie dans sa richesse, sa créativité, sa générosité. Depuis toujours elle inspire les artistes, les scientifiques, les écrivains, les grands créateurs, les sportifs, les paysans, … Tous s’abreuvent de son génie, à ses sources intarissables de richesses et de bien-être. De l’infiniment petit à ses grandeurs incommensurables, elle peut et ose tout : ne fait-elle pas flotter les océans dans le ciel ?

La nature est aussi l’alliée précieuse de l’enseignant : sa beauté, la richesse de sa faune et de sa flore, l’infinité de ses formes, de ses couleurs, de ses senteurs, son évolution incessante, sa pureté, son abondance, la danse mystique des saisons, en font le lieu idéal pour se connaître, découvrir et étudier le monde. Quel enseignant peut-il offrir en classe une telle gamme d’expériences, de couleurs, d’objets et de phénomènes ?

La nature offre les conditions idéales pour apprendre de façon expérientielle et dynamique, avec enthousiasme et émerveillement. Elle est parfaite pour développer le corps : la motricité, l’agilité, la dextérité, la coordination ; pour développer les sens et le sens esthétique ; pour faire éclore et fortifier les valeurs humaines fondamentales telles la persévérance, le courage, l’humilité, la gratitude ; mais aussi les forces de caractère telles l’endurance, le leadership, le travail d’équipe, la prudence, la maîtrise de soi. La pédagogie par la nature est aussi idéale pour entraîner les facultés mentales telles l’observation, la comparaison, la concentration, la mémorisation, etc. Tous les sujets peuvent être enseignés dans la nature : les mathématiques (découvrir les formes, le poids et la taille d’objets, sérier des bouts de bois, compter), les langues (le vocabulaire, la poésie), la communication (la collaboration, l'écriture), la géographie, les sciences, l’histoire, etc. 

Les écoles partiellement dans la nature ont fait l’objet de nombreuses recherches8; celles-ci ont démontré que les enfants développent davantage leurs habilités motrices, ont de meilleures capacités de concentration, plus de créativité, qu’ils sont moins souvent et moins longtemps malades ; ils ont un meilleur équilibre émotionnel, apprennent à jouer ensemble, à s’entraider davantage et ont moins de conflits entre eux. Il est à noter - comme le remarquent de nombreux enseignants qui sortent dans la nature avec leur classe - que les enfants ‘plus difficiles à gérer en classe’ ne créent parfois plus de difficultés une fois dans la nature et font même preuve de qualités insoupçonnées. L’hyperactivité ainsi que de nombreuses autres maladies modernes sont atténuées dans la nature quand elles ne disparaissent pas tout simplement9.

En conséquence, le rapport avec la Terre est lui aussi transformé positivement - nous protégeons mieux ce que l’on aime. Rappelons-le, il y a urgence, les scientifiques de tous bords tirent la sonnette d’alarme, l’humanité hypothèque son futur (un occidental a de nos jours en moyenne une empreinte écologique de 3 planètes).

Quelques idées d'exercices :

Avec enthousiasme et persévérance, tel un détective, un scientifique, tel Darwin ou Rousseau : étudiez le chant des oiseaux, les traces d’animaux, les fleurs, les arbres, les roches, les différents nuages, etc.

On commencera par cultiver leur sens de l’observation : combien cet oiseau a-t-il de couleurs et où ? A quel moment de la journée ou de l’année chante-t-il ? Comment est son bec, comment sont ses pattes, ses ailes ? Comment est son vol ? A-t-il plusieurs chants ? Vit-il en groupe ou en solitaire ? A quelle heure se lève-t-il et va-t-il se coucher ?

La deuxième étape est la comparaison : nous allons étudier un autre oiseau et noter les différences.

Nous pouvons dessiner l’oiseau, étudier son nid, écrire ce que nous savons sur lui, faire une présentation orale, écrire un poème, jouer avec les chiffres (combien pèse-t-il, mais comment fait-il pour s’élever si haut dans le ciel, combien doit-il manger chaque jour ?).

On peut faire des recherches sur cet oiseau, l‘étudier (livre, applications, internet) et voir si nos observations correspondent aux connaissances des ornithologues.

Il ne s’agit donc pas d’apprendre par cœur les choses mais de les découvrir par l’expérience.

  • Retrouver l’arbre dans la forêt : allez en forêt puis bandez les yeux de l’enfant ; prenez sa main et conduisez-le (en faisant des détours) près d’un arbre ; laissez-lui le temps de faire connaissance avec cet arbre, puis ramenez-le au point de départ (en faisant quelques détours). Enlevez-lui le bandeau et demandez-lui de retrouver son arbre.
  • Dans votre lieu de vie ou à l’occasion d’une balade dans la forêt, proposez-leur de trouver la plus large palette possible d’odeurs différentes dans un temps donné (10 minutes par exemple). Invitez-les à formuler ce que chaque odeur évoque pour eux (une image, une musique, etc.).
  • Les yeux bandés, donnez à l’enfant un coquillage, un caillou ou une feuille ; laissez-le explorer son objet puis déposez son coquillage, son caillou ou sa feuille parmi d’autres objets et demandez-lui de le retrouver.

Plus d'exercices dans le livre "Une éducation intégrale pour grandir en s'épanouissant" de Fabrice Dini

8.Wauquiez S. (2008). Les enfants des Bois. Books on Demand.
9.April Isted (2013).An investigation into the benefits of Forest School interventions for young people with ADHD in the education system. The University of Greenwich.